Série en cours

Nathalie Rainereau choisit l’œuvre de Camille Claudel pour sa nouvelle série « Hommage »

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Nathalie Rainereau nous revient avec une nouvelle série consacrée au sculpteur Camille Claudel et à quelques unes de ses œuvres parmi ses préférées : « Niobide blessée », « La valse », « Sakountala ou l’abandon ou Vertumne et Pomone », « Les causeuses », « La vague ou les baigneuses », « Clotho ou la parque » entre autres…

Comme nous pouvons d’entrée le constater ce sont des sculptures importantes dans le parcours de l’artiste, sublimation des événements de sa vie personnelle, mais aussi interprétation du mythe et du réel tout à la fois, ces œuvres nous interpellent sur la destinée humaine. Elles se font écho jusque dans le vécu du sculpteur, entre intime et universel.

Si Nathalie Rainereau poursuit le dessein de traduire son ressenti de l’œuvre de Camille Claudel c’est bien parce qu’elle se trouve en parfaite résonance avec son monde intérieur, profondément sensible à ces sculptures et à leur créatrice, elle perçoit au-delà de la beauté des œuvres tout ce qui fait sens en elles et nous rappelle à notre propre existence et finitude.

Nathalie Rainereau comme toujours réalise un long travail de recherche et s’imprègne de son sujet jusque dans son approche technique, son traitement stylistique. Elle a besoin de ce temps d’intense réflexion qui va la mener à l’acte créateur, elle dessine beaucoup mais efface tout (à l’instar de Claudel qui détruisait bon nombre de ses dessins) avant de passer à la peinture où se mêlent acrylique, encre de chine et eau… flirtant avec une certaine abstraction elle représente les œuvres dans leur détail, leur soustrayant parfois visage, tête…

Elle nous invite à une réinterprétation originale et pourtant fidèle au propos intrinsèque des œuvres, elle réalise là un tour de force où picturalité et quête ne font plus qu’un et cela a quelque chose de bouleversant et de beau, tant elle sait investir ses émotions et les transcrire sur le papier qui est son support de prédilection.

Pour l’heure, Nathalie Rainereau aborde l’œuvre la « Niobide blessée » de Claudel qui s’inscrit dans la dernière partie de sa carrière.

Poignante cette sculpture si elle fait référence aux Niobides de la mythologie grecque* n’en demeure pas moins également une représentation autobiographique, Camille Claudel étant en passe de s’effondrer elle-même, détruisant les êtres de pierre auxquels elle avait donné corps et qui semblent devenus incapables de toucher sa propre mère… une fois de plus mythe et réalité intime se confondent.

Il n’est pas étonnant que Nathalie Rainereau ait choisi l’œuvre de Camille Claudel étant donné cette part de souffrance, de déchirement qui émane des sculptures de l’artiste et qui fait écho au vécu du peintre, Nathalie étant un être à la sensibilité exacerbée, malmené par la vie, elle a pleinement conscience de cette transposition du réel dans l’œuvre qui permet au créateur de supporter le poids de l’existant et de le transcender, et c’est avec l’exigence et la maîtrise qui sont siennes qu’elle s’y prête.

Une série picturale pleine de promesse donc dont on suivra l’évolution avec intérêt.

 

Nathalie Lescop-Boeswillwald

Docteur en Histoire de l’Art

Critique, poète

Directrice de pARTage en terre des arts

 

 

* : Les enfants de Niobé vont périr sous les flèches de Diane et d’Apollon parce que Niobé a défié avec orgueil leur mère Latone. Niobé se transforme en pierre en voyant ses enfants mourir, ses larmes seules continuent de couler.