Série « Mes Raisins … »

2013-2015

Je retravaille la série « les Raisins de Zeuxis » réalisée avec Michel Moÿ en 2005 dans son atelier de Burie. Lors de cette création, je pense ne pas avoir porté en moi ce travail, ne pas l’avoir senti profondément et ne pas en avoir fait intimement partie…

L’idée intellectuelle des raisins de Zeuxis est de Michel Moÿ (voir ci-dessous).

En débutant cette série, j’ai créé une dizaine de peintures en utilisant les même pigments, l’encre de Chine, l’huile blanche… que dans celles faites en 2005, j’en présente trois dans cette galerie.

Puis rapidement, durant mes promenades dans les vignes, je me suis sentie plus en osmose avec ce que je percevais du raisin, qu’avec les représentations imaginaires des créations de Zeuxis… J’ai eu alors envie de reproduire ces sensations, cela donne la suite de la série, j’ai nommé cette série « Mes Raisins… »

Ci-dessous un texte écrit par Michel Moÿ en 2005, pour accompagner la série « Les Raisins de Zeuxis » peinte cette même année.

« Vous ne verrez jamais une peinture de Zeuxis, pas plus que celles de Parrhasios, son rival d’un jour. Ils vécurent en Grèce au 4ème siècle avant notre ère. Mais leurs noms ont traversé les siècles grâce au récit des poètes et des philosophes, de Pline à Lacan. C’est aussi un des plus beaux paradoxes de l’histoire de l’art.
C’était la mode en Grèce : Zeuxis et Parrhasios se portèrent un défi ; ils peindraient chacun à leur manière des raisins. Les oiseaux seraient juges !
Parrhasios peignait avec application, Zeuxis avec son cœur. L’un était expert en trompe-l’œil, l’autre s’en foutait. Piéger le spectateur ou piéger les objets du monde tel était déjà le débat.
Eh bien (j’arrange un peu l’histoire à ma manière) savez-vous que les oiseaux fondirent sur les leurres très approximatifs de Zeuxis et survolèrent avec indifférences les images trop parfaites de Parrhasios ?
Vrai, vraiment vrai. L’académie n’avait qu’à aller se rhabiller ! Et les oiseaux, qui ne sont pas ce qu’on dit (pas très loin d’ici, et plus près de notre temps, deux corbeaux rendaient justice pour l’entendement des Pictons) décidèrent pour les grecs anciens ce que l’époque moderne n’a pas réussi à résoudre !
On parle toujours des « oiseaux de Zeuxis ».On ne parle jamais des raisins qui furent l’objet du défi. Voici une injustice réparée.«